Nos cimetières au Congo-Brazzaville doivent être communaux et non privés

Nous vivons, ce mois de Novembre, la fête de la Toussaint et celle des défunts au moment où la situation sanitaire s’aggrave, parallèlement à la dégradation de la situation économique et sociale. De nouvelles tensions intérieures et internationales surgissent également, rendant encore plus urgente l’exigence de la fraternité à laquelle nous invite le Pape François.

Je n’oublie pas les deuils vécus durant les derniers mois. Hélas ! beaucoup d’entre nous n’ont pas pu accompagner des proches jusqu’à leur dernière demeure. Des familles n’ont pas toujours pu se réunir, comme il est d’usage, lorsqu’un des leurs les quitte.

D’où venons-nous ? Où allons-nous ?

Mais devons-nous, au cœur de nos inquiétudes, nous laisser entraîner à la résignation ou même au désespoir ? Y-a-t-il une vie après la mort ? La mort est-elle la fin de tout ? L’au-delà, le ciel, la vie en Dieu, cela existe-t-il ? Ces grandes questions que les hommes de tous les temps se sont posées demeurent, certes, obscures. Pour les croyants que nous sommes pour la plupart, elles relèvent, en dernière instance, de la foi. Ainsi la lumière de la Vie nous attend !

La fête de la Toussaint nous rappelle la fin dernière des choses, c’est-à-dire le fond des choses. Quand la vie s’arrête, tout n’est pas fini pour autant. La fin d’une chose révèle ce vers quoi elle tend. Pour une plante, ce sera probablement une fleur puis un fruit. Dès sa germination, cette plante est orientée vers cette fin.

Statuts des cimetières

Conscients de cela, nous pouvons regarder l’autre face de la vie, à laquelle la Toussaint nous invite ; je veux parler de la triste réalité du délabrement de nos cimetières (le centre-ville, la Tsiémé, Moukounzi-kouaka etc…). Ces nécropoles ne bénéficient d’aucun encadrement juridique, et la puissance publique ne garantit pas leur protection. Ne serait-il pas approprié que nos cimetières, au Congo-Brazzaville, soient communaux et non privés ?

Aussi nous suggérons la création d’un conseil national des opérations funéraires qui serait une instance consultative placée auprès du ministère de l’intérieur. Il aurait un rôle de conseil auprès des pouvoirs publics pour l’élaboration d’une réglementation globale ; il serait consulté pour donner son avis sur les projets de textes élaborés à cette fin, sans oublier la dimension économique. Il se prononcerait, notamment, sur une évolution vers la crémation qui, je le sais, ne fait pas encore partie de nos mœurs et coutumes ; mais le monde change, et nous sommes tous de plus en plus interconnectés.

Cimetières publics

Un maire pourra, après avoir accompli les formalités nécessaires (publicité, saisine du conseil municipal…), constater formellement l’état d’abandon d’une concession et se prononcer sur la reprise par sa commune des terrains affectés à cette concession. Cette mesure s’appliquerait, entre autres, à une concession qui n’aurait plus été entretenue depuis trente ans. Chaque cimetière serait doté d’une clôture et confié aux soins d’un gardien qui serait un agent municipal ; il serait soumis à des horaires d’ouverture et de fermeture précis. En outre, il y aurait une interdiction générale des inhumations dans les parcelles privées, espace où vivent des membres d’une famille. Nous ne réalisons pas assez qu’un cimetière est aussi un lieu laïc et culturel.


Les lieux de sépulture autres que les cimetières relèvent de l’autorité du maire qui doit assurer l’ordre public, épaulé par la police. Il a la charge de la salubrité publique, et donc de l’hygiène, de la tranquillité et de la décence de ces lieux. Il lui revient aussi la charge d’en garantir la neutralité. En plus, n’est-il pas temps aussi de confier au maire une police de l’esthétique des cimetières ? Cela répondrait aussi aux attentes des populations. Le maire aurait le pouvoir nécessaire pour autoriser ou interdire l’agrandissement des cimetières. De toute façon, un règlement intérieur du cimetière prévoit normalement ce qui est autorisé et ce qui est interdit.


Nous pouvons continuer à ruminer la morosité, nous pouvons continuer à estimer que la mort, la souffrance sont la fin de l’homme : au commencement rien, à la fin rien !

Même si ce que nous serons ne paraît pas encore clairement, un coin du ciel est déchiré : l’horizon de nos vies n’est pas la mort mais la vie, la joie : Heureux, heureux, heureux !

Roger Ndokolo

Président du parti du centre UNIRR

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