La FAO appuie la Côte d’Ivoire pour contenir la peste porcine africaine

Publié le
15.08.2020 à 01h18
par
APA

L’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à travers un programme technique de coopération, appuie l’Etat de Côte d’Ivoire dans sa politique de contingence de la Peste porcine africaine, une menace pour le cheptel porcin dans le pays.Dans cet élan, la représentation de la FAO en Côte d’Ivoire, a financé du 12 au 14 août 2020 un atelier de sensibilisation et de formation des directeurs régionaux du ministère des Ressources animales et halieutiques sur la lutte contre la Peste porcine africaine (PPA), organisé à Dabou, à l’Ouest d’Abidjan.      

Cette plateforme a réuni notamment des cadres de la direction des services vétérinaires de Côte d’Ivoire et des acteurs de la filière porcine, pour échanger sur la reconnaissance de la Peste porcine africaine, les méthodes de gestion d’une suspicion et une confirmation de la maladie.    

La peste porcine africain (PPA), identifiée dans le pays en 1996, est malgré les efforts du gouvernement pour contenir la maladie, réapparue en 2015 à San-Pedro, dans le sud-Ouest du pays et en 2017 dans les départements de Ouangolodougou, dans l’extrême nord ivoirien.  

Suite à sa réapparition en juin 2017 dans les régions du Tchologo et du Poro, dans le Nord ivoirien, le gouvernement a pris des mesures, réussissant à endiguer la menace. Cependant, il existe encore des cas isolés de la maladie dans le nord et aujourd’hui dans l’Ouest du pays. 

Dr Kallo Vessany sous-directeur de la santé animale à la Direction des services vétérinaires (DSV) se félicite de cet appui technique de la FAO à la Côte d’Ivoire dont l’objectif est d’éradiquer cette peste porcine qui a touché la zone de San-Pedro (Sud-Ouest), mais aussi celle de Korhogo et l’Ouest du pays. 

Selon Dr Kallo, cet accompagnement de la FAO vise à appuyer le ministère en charge des Ressources animales à travers un programme technique de coopération pour renforcer les capacités tant au niveau technique, mais aussi au niveau des acteurs de la filière porcine.   

Dans un exposé, Dr Ouattara Douyéri a fait savoir que la situation actuelle en Côte d’Ivoire donne « aucun cas signalé après les mesures de contrôle de la maladie » dans les zones mises sous surveillance épidémiologique. 

Il a rappelé que la première introduction de la PPA à l’Ouest était à partir de Diéouzon dans la localité de Bangolo. En 2019, des alertes ont été confirmées à Bangolo, à Duekoué et à Kouibly, des zones d’élevage de porcs. 

Des cas isolés ont été par ailleurs notifiés à Guiglo, Danané, Bouaflé, à Niakaramadougou (nord) et à Toulepleu en 2019, a fait observer Dr Ouattara Douyéri, ajoutant que « 31 108 porcs ont été abattus chez 887 éleveurs ou propriétaires dans les régions du Poro et du Tchologo en 2017 pour une estimation initiale de 3 000 porcs ». 


Les acteurs de la filière porcine craignent toutefois une propagation de la PPA. Selon M. Tiémoko Karidioula, secrétaire exécutif de l’Interprofession porcine en Côte d’Ivoire (INTERPORCI), l’Etat devrait davantage injecter des ressources pour relancer la production locale. 

Pour M. Tiémoko, « le besoin en consommation de viande de porc en Côte d’Ivoire est estimé à pus de 60 000 tonnes (et) les importations varient entre 80 et 83%. Or, la Côte d’Ivoire produit autour de 17% pour le besoin en consommation des produits porcins».   

« Pour remédier à cela, il faut que l’Etat pense à inciter les structures bancaires pour que les éleveurs puissent avoir accès aux financements », suggère-t-il, évoquant que des acteurs de la filière porcine, aujourd’hui, ont une formation smart et des expériences avérées.   

En 2017, poursuit-il, « nous avons eu plus de 33 000 porcs morts du fait de la peste porcine dans le nord de la Côte d’Ivoire, dans le Tchologo, dans le Poro, jusqu’à Ouangolodougou. A l’Ouest, en 2019, cette même peste porcine a décimé plus de 10 000 porcs en trois mois ». 

Il craint que cette maladie évolue vers Abidjan, la plus grande zone de production du pays. Et Pour ce faire, les autorités devraient pouvoir faire l’abattage sanitaire tout en prévoyant une indemnisation conséquente au profit des éleveurs.  

La filière porcine occupe, ostensiblement, une place stratégique dans l’économie ivoirienne au regard de la problématique de la sécurité alimentaire. Porteuse de croissance, elle représente avec la filière avicole, deux filières qui ont les meilleures valeurs ajoutées dans le secteur de l’élevage.   

Elle génère, selon le secrétaire exécutif de l’Interporci, « 30 000 emplois dont 10 000 emplois directs et 20 000 emplois indirects pour un chiffre d’affaires de plus de 70 milliards Fcfa ». Cet atelier devrait permettre de relever les performances de la filière porcine en Côte d’Ivoire.



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