Guy Brice Parfait Kolélas et Mathias Dzon résolus à faire mentir les pronostics

La présidentielle est un moment exceptionnel qui se vit comme un instant d’exaltation des Egos. Le « navire amiral  » des élections est confronté aux mêmes convoitises que le reste des élections au Congo-Brazzaville (élections législatives, sénatoriales, municipales, locales et départementales), mais autour de l’élection présidentielle, tout y est exacerbé et gonflé d’un orgueil personnel béat.

Volteface

Les candidatures de Guy Brice Parfait Kolelas et Mathias Dzon, deux anciens ministres de Denis sassou Nguesso à la présidentielle du 21 mars 2021 au Congo-Brazzaville, déchaînent les passions bien que les dés soient pipés.

Pourquoi diable participer à une élection vérolée selon l’expression de Alain Mabanckou ? Etant entendu qu’en Afrique : « on n’organise pas les élections pour les perdre  » dixit Omar Bongo Ondimba du Gabon qui savait que dans nos sociétés on joue à « Qui perd gagne ». Devrait-on, à court terme, laisser libre cours au khalife d’Oyo ? Boycotter l’élection présidentielle, n’est-ce pas garantir la victoire de Denis Sassou Nguesso ? Au Congo-Brazzaville, en 2021, les boycotteurs d’hier sont devenus, par on ne sait quelle magie, les participants d’aujourd’hui et les participants d’hier ne jurent désormais que par le boycott. Pascal Tsaty Mabiala a déserté les urnes, rasant les murs tandis que Mathias Dzon, enthousiaste, arpente les tréteaux de campagnes électorales avec ferveur. En politique, les positions ne sont jamais figées et il n’y a que les imbéciles et les morts qui ne changent pas d’avis.

Deux écoles

Ce plongeon dans l’arène de l’élection présidentielle du 21 mars 2021 au Congo-Brazzaville de Guy Brice Parfait Kolelas et de Mathias Dzon fait grincer des dents de sagesse. Deux courants de pensée s’affrontent avec véhémence. Un « pragmatisme de l’action », défendent les uns, hostiles à la stratégie de la chaise vide et partisans du marquage à la culotte ; « une trahison », s’emportent les autres, persuadés du manque d’indépendance de la CENI et de la non fiabilité des listes électorales. Quelques mois après avoir quitté l’équipe gouvernementale de Denis Sassou Nguesso, Guy Brice Parfait Kolelas et Mathias dzon ont viré à tribord et sont partis voguer dans les eaux fortes de l’opposition avec armes et bagages, avec les clics et les clacs, avec partis politiques et militants. Un lâchage en règle qui n’a pas infléchi la détermination de Denis Sassou Nguesso de s’accrocher au pouvoir.

« J’y suis, j’y reste » n’a de cesse de marteler le bonhomme depuis le coup d’état du 5 juin 1997.

Guy Brice Parfait Kolelas et Mathias Dzon ont un côté Hollande, ils veulent faire la synthèse. Ils ont aussi un côté Sarkozy, ils décident de tout. Et également un côté Macron, ils surjouent. Pour échapper au cauchemar de la victoire volée de 2016 par Denis Sassou Nguesso par « un coup KO  », après avoir tiré les leçons des erreurs des dernières échéances, Guy Brice Parfait Kolelas et Mathias Dzon souhaitent se concentrer sur une stratégie gagnante au premier tour qui s’appuierait sur la participation aux élection. Guy Brice Parfait Kolelas et Mathias Dzon veulent tout faire pour ne pas donner un chèque en blanc à Denis Sassou Nguesso. Ils savent aussi que ce n’est pas celui qui a beaucoup de voix, c’est celui qui les compte qui gagne. C’est celui qui les publie qui a le dernier mot. Donc, avis à l’ami Kolélas : « la gibecière d’un crétin ne se farfouille qu’une fois. »

Tactique

Guy Brice Parfait Kolelas, qui engrange des soutiens, le dernier en date est celui plus ou moins surprenant de la RDD de Joachim Yhomby Opango dirigé par Yhomby Opango fils, et Mathias Dzon qui a reçu le renfort de Bertin Pandi-Ngouari, ont juré de faire mordre la poussière à Denis Sassou Nguesso. « Ko kéndé liboso, éza kokoma té » (Rien ne sert de courir, il faut partir à point) . Le démarrage en trombe ne signifie nullement remporter le sprint.

Les militants des impétrants et les observateurs seront chargés de veiller au dépouillements des bulletins électoraux et du transfert des procès verbaux à la CENI et à l’affichage de ceux-ci dans tous les bureaux. « Je les ai rencontrés aujourd’hui pour leur dire ce qu’ils doivent faire pour la sécurisation des résultats bureau de vote par bureau de vote  », a indiqué, auréolé par son score de 2016, Guy Brice Parfait Kolelas le 27 mars 2021 à Brazzaville. Nkutu zoba… Mathias Dzon et son équipe de campagne ont exigé l’annulation pure et simple du principe du vote par anticipation des militaires. Selon eux, le fait que les noms des électeurs militaires n’ont pas été retirés de la liste électorale générale laisse libre cours au vote multiple des recrues indélicates de Tsambitso. «  Nous demandons qu’on annule le vote militaire. S’il n’est pas annulé, nous n’en reconnaitrons pas les résultats » a tonné Mathias Dzon échaudé par la douche froide de 2016. Ambiance.

S’inscrire massivement sur les listes électorales et aller voter massivement pour Guy Brice Parfait Kolelas ou Mathias Dzon le 21 mars 2021. Ne pas laisser le champ libre à Sassou Nguesso, telle est la tactique échafaudée par Guy Brice Parfait Kolelas et Mathias Dzon pour faire de Sassou Nguesso un homme du passé et du passif. Il n’y a pas pire imbécile que celui qui se fait voler deux fois de suite dans les mêmes circonstances.

Il ne s’agit pas de fiction. D’ores et déjà, convaincus de l’emporter face à Sassou Nguesso, entre Guy Brice Parfait Kolelas et Mathias Dzon, cette fois sur des bases saines, une compétition est ouverte. Qui arrivera en tête du premier tour ?

Benjamin BILOMBOT BITADYS

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