Après la publication de sa vidéo : Edgard Bokilo truand et ignorant ?

Guy Edgard Bokilo, fils de l’ancien directeur de la Banque centrale et homme politique congolais, a mis sur les réseaux sociaux une vidéo qui a été beaucoup visionnée et partagée, vu la teneur du message qu’elle contient. Nauséeux !

Ce Congolais qui vit en France, infatigable agent de propagande, aperçu en 2019 à la Nuit du Pool (Nanterre) s’adresse à un membre de la diaspora de France qui aurait envisagé d’aller filmer une veillée mortuaire organisée par la communauté mbochi de France. La famille éprouvée voulait que tout se passe dans l’intimité.

L’affaire serait passée inaperçue si Bokilo ne s’en était pas emparé pour revisiter, à sa sauce mossaka, deux pages tristes de l’histoire du Congo ; à savoir : les émeutes de Brazzaville en 1959 entre les partisans de Jacques Napoléon Opangault, président fondateur du Mouvement socialiste africain (MSA) et ceux de l’abbé Fulbert Youlou, président fondateur de l’Union Démocratique de Défense des Intérêts Africains (UDDIA), et la guerre politique qui a opposé en 1997, partisans de Denis Sassou à ceux de Pascal Lissouba.

Rien que ce retour par les armes devrait gêner Guy Edgard Bokilo.

Néanmoins, Sieur Bokilo voit dans ces deux événements la puissance des Mbochis qu’il assimile à tous les peuples de la partie septentrionale du Congo, sur les populations de la partie sud, les Bakongo.

Pourtant, Guy Edgard Bokilo ne fait qu’emboîter le pas à Jean Dominique Okemba qui passe son temps à se réjouir des bombardements des populations du Pool par les mercenaires ukrainiens recrutés à Brazzaville par Denis Sassou Nguesso.

Sans pour autant prendre la place des historiens et des sociologues ainsi que des psychologues (que nous invitons à examiner la santé mentale de Guy Edgard Bokilo), nous nous permettons de dire que les émeutes de 1959 et la guerre de 1997 sont une honte pour les Congolais et non une gloire pour ceux qui prétendent en être sortis vainqueurs.

On ne gagne pas une guerre civile car généralement les enjeux sont subjectifs. Il n’ y a que les insensés, les truands et les ignorants pour jubiler et sabrer le champagne, alors que tuer l’autre qui n’est pas de ton groupe ethnique n’a jamais développé une Nation. Au contraire, dirait Freud, ça crée un malaise dans la civilisation.

D’ailleurs au Congo, il n’y a jamais eu une guerre civile

Les conflits provoqués par les politiques sont des guerres politiques entre partisans et non entre des ethnies.

Comment parler de victoire lorsqu’un peuple poussé par les hommes politiques, se déchire et s’entretue ?

Edgard Bokilo se moque des Laris qui ont été tués pendant les émeutes de 1959, alors que c’est un Lari, l’Abbé Fulbert Youlou, qui était au pouvoir et que les « victorieux Mbochi », logés à la même enseigne, continuent en 2021 de se poser des questions sur leur avenir.

Bokilo, à qui il manque décidément une case, trouve une faiblesse, alors que la scène de la réconciliation Youlou/Opangault montre bien la grandeur d’esprit de Monsieur l’Abbé.

Youlou n’a pas voulu se servir de la Force publique qui est appelée à demeurer républicaine pour mener sa lutte politique.

Même en 1963, dans sa chute, il n’a pas ordonné à la Force publique de neutraliser les syndicalistes qui le poussaient à la démission.

Que voyons-nous aujourd’hui et depuis 1997 ?

Tirons le chapeau au candidat à l’élection présidentielle, Albert Oniangue, pourtant mbochi comme Guy Edgard Bokilo qui rappelle la neutralité de la Force publique au service du peuple, et non à celui des politiques.

Guy Edgard Bokilo croit humilier les Congolais originaires des départements du sud alors que les Mbochi avaient les moyens de l’Armée nationale et l’appui des mercenaires étrangers. Il fait mine d’oublier que depuis la Conférence Nationale Souveraine le pouvoir ne doit se conquérir que par les élections.

Par ailleurs, Jacques Napoléon Opangault et Fulbert Youlou s’étaient vite réconciliés pour faire oublier les émeutes de 1959. Ce fair-play a échappé au camarade Bokilo.

La guerre de 1997 gagné grâce aux mercenaires

Guy Edgard Bokilo est ignorant lorsqu’il dit que les Mbochi ou les ressortissants du nord Congo avaient gagné la guerre politique de 1997.

Rappelons que cette guerre armée et meurtrière ( 400.000 morts), provoquée par Denis Sassou Nguesso n’a pas opposé les Congolais du nord et ceux du sud.

C’était une guerre entre les partisans de Pascal Lissouba et ceux de Denis Sassou Nguesso qui se sont, tous les deux, servis des éléments de la Force publique.

Dans les deux camps il y avait les gens du nord et du sud. C’était un mélange boueux.

Rappelons que Denis Sassou Nguesso avait délogé et envoyé Pascal Lissouba en exil, grâce à la participation des soldats français et des troupes angolaises appelées par le président français Jacques Chirac, aux côtés des Cobras et des mercenaires ukrainiens, tchadiens ainsi que rwandais

Néanmoins, les Congolais n’ont pas entendu des noms des cobras mbochi aussi célèbres que Willy Matsanga et Maurel Kiwounzou ressortissants du Pool ni du Révérend Fréderic Ntoumi, cheval de Troie de Sassou dans le Pool.

Parmi les Cobras, les miliciens de Sassou Nguesso, il y avait des originaires de la partie sud du Congo. C’est verser dans le fanatisme aveugle que de parler de victoire mbochi là où il y avait des coalitions et des enjeux internationaux ambigus.

Cependant, pour boucler la boucle nous voulons demander à Guy Edgard Bokilo qui des partisans du Président Fulbert Youlou et ceux de Denis Sassou Nguesso sont dans une logique de barbarie ? Quand Tolstoï parle de guerre et paix, il stigmatise les monstres enfouis dans le cœur des hommes. Loin de l’auteur russe l’idée d’une victoire et d’une défaite des uns sur les autres. La guerre est laide, selon Picasso, auteur du célèbre tableau Guernica.

En plus, Guy Edgard Bokilo a tort de mettre dans le même sac tous les Mbochi ou les originaires du nord. L’amalgame est la stratégie des brutes, incapables de trier l’ivraie du bon grain.

Pour preuve, Albert Oniangue, Mbochi comme lui et officier supérieur des Forces Armées Congolaises, admis à la retraite, a eu le même discours que le président Abbé Fulbert Youlou, qui est un fils du Pool.

Pendant la campagne électorale pour la présidentielle de 2021, il a exhorté la Force publique d’être au service de la Nation et du Peuple et non à celui d’un homme politique.

Les anciens faisaient la guerre et la paix comme on fait la pluie et le beau temps.

Nous invitons le neveu (ou le fils, on ne sait) de l’ancien banquier Bokilo de visiter Le Colisée, l’un des vestiges de l’Empire romain ; la Bosnie-Herzégovine pour se rendre compte de la puissance de l’empire Ottoman, et Gbadolite au Congo-Kinshasa, pour savoir qu’aucun empire quelle que soit sa puissance n’est éternel.

Jean-Bernard Nsambi

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